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  • Le drame de Charleston

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    franck j. haas,etats-unis d'amérique,franc-maçonnerie,racismeLe drame effroyable qui s'est produit cette semaine à Charleston (Caroline du sud) m'oblige à rappeler ici que la Grande Loge de Caroline du Sud fait partie des neuf Grande Loges américaines qui ne reconnaissent toujours pas la Maçonnerie de Prince Hall.

    Je voudrais également souligner la mésaventure du Frère Franck Joseph Haas, ancien Grand Maître de la Grande Loge de la Virginie occidentale, exclu en 2007 parce qu'il avait dénoncé les mesures discriminatoires de son Obédience, notamment à l'encontre des noirs et des personnes handicapées. Dans les loges de la Grande Loge de la Virginie Occidentale, il est par exemple interdit de prêter le traditionnel serment d'allégeance au drapeau américain... 

    Je voudrais citer cette observation du Frère Fred Milliken en date du 26 avril 2010 :

    "If it is illegal to even talk to Prince Hall Masons then it is impossible to ever negotiate recognition.  By codifying non Masonic discourse outside Mainstream Masonry you have institutionalized racism. 

    S'il est même illégal de parler à des maçons de Prince Hall, il est alors à jamais impossible de négocier la reconnaissance. En codifiant un discours non maçonnique en dehors du courant majoritaire de la franc-maçonnerie américaine, vous avez institutionnalisé le racisme."

    Et de poursuivre :

    "Years ago I was told by many a Mason to shut up, stop creating such a ruckus and let time heal all wounds, for in time all those racists and all these divisions will disappear (...) The years have come and gone and now I am a senior citizen (...)  But the racism in Freemasonry and the overbearing, over controlling, tyrannical Grand Lodges are still with us.

    Il y a des années, beaucoup de Maçons m'ont dit de me taire, de cesser de créer un tel chahut, de laisser au temps le soin de guérir les blessures et de faire inexorablement disparaître tous ces racistes et toutes ces divisions (...) Les années ont passé, je suis devenu désormais un homme âgé (...) Mais le racisme en Franc-Maçonnerie et les Grandes Loges dominatrices, pinailleuses, tyranniques sont encore avec nous."

    Le 6 décembre 2010, l'exclusion de Haas a été confirmée par un tribunal civil de Virginie occidentale qui a confirmé que l'ancien Grand Maître avait rompu le pacte social qui le liait à son ancienne Obédience.

    Haas a depuis quitté la Virginie occidentale pour habiter dans l'Ohio où il a rejoint la Grande Loge de cet Etat. Mais cette dernière semble s'être ravisée dans le but de rétablir des relations fraternelles avec la Grande Loge de la Virginie occidentale.

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    Lire aussi : William H. Upton et la franc-maçonnerie nègre aux Etats-Unis d'Amérique.

  • Que reste-t-il de la soi-disant "part maçonnique" de l'affaire du Carlton ?

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    Il y a un peu plus de deux ans, M. François Koch du journal L'Express théorisait imprudemment sur la soi-disant "part maçonnique" de l'affaire du Carlton.

    Deux ans après, le Tribunal correctionnel de Lille vient de relaxer tous les prévenus à l'exception de René Kojfer (pour le volet prostitution), de David Roquet et de Fabrice Paskowzki (pour le volet escroquerie et abus de biens sociaux), tous trois condamnés à de la prison avec sursis et au paiement de dommages et intérêts.

    Le Tribunal a fustigé une instruction essentiellement menée à charge.

    "Attendu qu’on ne peut pas imputer [à Dominique Strauss-Kahn] un rôle d’instigateur au vu des 35 SMS qu’il a échangés sur une période de 22 mois et dont le style employé peut s’expliquer par les liens d’amitié très proche et incontestables qui les rattachent. Que sauf à leur donner une interprétation subjective, ils ne mettent pas en exergue une fourniture d’instruction mais des commentaires sur des sorties et des questions réponses sur la disponibilité du prévenu (...)"

    Que reste-t-il de la soi-disant "part maçonnique" de l'affaire du Carlton ?

    Rien. 

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    Ajout du 12/06/2015 18h30

    M. François Koch a titré sur son blog DSK-Carlton : trois francs-maçons condamnés. Il s'agit pour le journaliste antimaçon de l'Express de sauver les apparences en insinuant, comme à son habitude, qu'il y a un volet maçonnique à cette affaire. Il écrit :

    "Six francs-maçons au cœur d’une affaire de parties fines, leur lien initiatique constituant une des composantes de leurs relations. Quand on y ajoute l’implication de policiers, où la maçonnerie est très implantée, la maçonnerie figure parmi les clefs de compréhension."

    Eh bien non, justement. Ce n'est pas l'analyse des magistrats du siège. Ce fut en revanche celle des magistrats instructeurs dont la partialité a été relevée et mise en cause par le tribunal correctionnel. La promiscuité fraternelle, si tant est qu'elle ait existé, n'est pas un facteur explicatif en tant que tel (sauf pour les amateurs de complots bien entendu).

    Affirmer que la franc-maçonnerie figure parmi les clefs de compréhension de cette affaire désormais jugée en première instance (car un appel est toujours possible), c'est relancer intentionnellement et sournoisement que la franc-maçonnerie est liée à l'affaire. C'est évidemment atténuer le fait que la majorité des prévenus a été acquittée, notamment le plus célèbre d'entre eux : Dominique Strauss-Kahn (qui n'a jamais été franc-maçon).

    M. Koch, décidément, a bien du mal à contenir sa déception. Le Parquet n'a pas été suivi. Quel dommage! Il n'y en a que trois sur les six.

    Il écrit :

    "Le procureur de Lille, qui demandait de la prison avec sursis et des amendes pour cinq des six francs-maçons, n’a donc pas été suivi. Un nouveau fiasco judiciaire ?"

    Bien entendu, le point d'interrogation est un semblant de prudence car poser la question de cette façon, c'est y répondre. Pour M. Koch, la décision du tribunal correctionnel de Lille est un fiasco judiciaire qui ne va pas dans le sens de ses obsessions.

     

    Lien permanent Catégories : La Cité
  • L'acquittement de Daniel Legrand

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    C'est avec beaucoup de satisfaction que j'ai appris la relaxe de Daniel Legrand qui avait été contraint de comparaître, une nouvelle fois, devant la Cour d'assises pour des faits de pédo-criminalité soi-disant commis durant sa minorité.

    Legrand avait été pourtant acquitté après le fiasco judiciaire d'Outreau. Acquitté pour tous les faits dont il avait été accusé à partir de sa majorité.

    A vrai dire, je ne m'attendais pas à un autre résultat et je m'interroge sur les intentions des parties civiles qui ont voulu s'en prendre à nouveau à cet homme déjà démoli. A la place de ces gens, je ne me sentirais pas bien et je raserais les murs de honte.

    Certains crétins fascistoïdes - obscurs résidus du Printemps français - ont cru intelligent de crier "francs-maçons en prison" comme si ce verdict, rendu par le jury populaire souverain, avait été inspiré par la franc-maçonnerie. Il n'y a rien à répondre à ces médiocres imbéciles qui ont plus besoin de psychiatres que de magistrats. 

    Je souhaite à Daniel Legrand et à sa famille de retrouver un peu de paix et de sérénité après ces années d'épreuve. 

  • Franc-Maçonnerie et alcool. L'exemple de l'Indiana.

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    Au mois de juin, nombre de loges s'apprêtent à fêter le solstice d'été. C'est souvent l'occasion pour leurs membres de banqueter avant de se séparer pour les vacances. Et de boire, bien sûr, diverses "poudres fortes" (vins et liqueurs) dans une atmosphère à la fois fraternelle et conviviale.

    Ce n'est pas partout la même chose, loin s'en faut. Je voudrais citer ici le cas étonnant et peu connu de la franc-maçonnerie de l'Etat de l'Indiana (Etats-Unis d'Amérique) qui, sur la question de l'alcool, est d'une intransigeance telle, qu'elle rebuterait sans doute une écrasante majorité de frères Français.

    En 1902 par exemple, les ateliers de la Grande Loge de l'Indiana (Etats-Unis) ont débattu de la question suivante : "Est-il conforme aux lois maçonniques en vigueur dans l'Indiana qu'une loge serve du vin et d'autres spiritueux durant ses banquets ?" (cf. Die Bauhütte, 18 octobre 1902, p. 335).

    La réponse du Grand Maître de l'époque, le Frère Orlando W. Brownback, fut... négative ! Et même d'une sévérité qui, aujourd'hui, susciterait en France l'incompréhension, la stupeur et sans doute aussi les rires. Le Grand Maître de cette obédience préconisait des poursuites disciplinaires à l'encontre des loges qui servaient des boissons alcoolisées aux frères ! Le Grand Maître Brownback ne faisait, en réalité, que confirmer une interdiction en vigueur depuis... 1843 !

    Il faut dire que l'Indiana était un des Etats américains les plus favorables à une prohibition de l'alcool, bien avant d'ailleurs la prohibition généralisée de 1919. En 1895, la loi Nicholson avait ainsi considérablement restreint l'octroi des licences. L'Anti-Saloon League (ASL) était très active comme d'ailleurs les ligues de vertu plus ou moins proches de la très puissante église presbytérienne.

    Boire de l'alcool était même présenté à l'époque par certains politiciens comme une pratique étrangère à la culture américaine (par exemple, le vin était associé aux Français, la bière aux Allemands), la culture américaine étant bien entendu celle des Whites Americans Saxons Protestants. L'Indiana, qui fut une terre de passage pour les pionniers de la Conquête de l'Ouest, entendait donc combattre les ravages liés à l'alcool (santé, désordre familiaux, problèmes relationnels, inefficacité au travail, etc.) par des restrictions réglementaires de plus en plus draconiennes.

    Et dans ce contexte d'abstinence pour le moins particulier, il n'est pas étonnant que les loges locales aient été astreintes, elles aussi, au régime sec par des dignitaires qui sont allés piocher dans les textes anciens de la Franc-Maçonnerie la justification de l'interdiction de l'alcool pendant les banquets, un peu à l'image de ces pasteurs toujours prompts à chercher dans la Bible la justification de tout ce qu'ils préconisent aux autres.

    Et de citer notamment ce passage des Constitutions d'Anderson (1723) relatif à la conduite à tenir lorsque la loge est fermée et que les frères ne sont pas encore partis :

    Vous pouvez jouir d'innocents plaisirs, vous traitant réciproquement suivant vos Moyens, mais en évitant tout excès et en n'incitant pas un Frère à manger ou à boire plus qu'il n'en a envie (...)
     
    Pour la petite histoire, il faut savoir que l'alcool a été totalement interdit dans l'Indiana suite à l'adoption du Prohibition Act de 1917. Cette loi a été contresignée par le gouverneur James P. Goodrich (1864-1940) qui était également un frère de la Grande Loge de l'Indiana depuis son initiation en 1892 au sein de la Respectable Loge Winchester n°56 à l'orient de Winchester.
     
    Et si aujourd'hui l'alcool est autorisé dans l'Indiana, il faut savoir que la législation de cet Etat reste malgré tout l'une des plus sévères des Etats-Unis d'Amérique. La consommation d'alcool, notamment de vin, demeure toujours totalement prohibée par la Grande Loge de l'Indiana. Cependant, en 2009, cette obédience a assoupli sa politique puisqu'elle accepte désormais que les loges puissent louer leurs locaux à des associations extérieures à la maçonnerie. Ces associations extérieures peuvent servir de l'alcool lors des événements non maçonniques qu'elles organisent (ex : mariages, réunion diverses, etc.) à la condition expresse de disposer d'une licence en bonne et due forme.
     
    Vous voici prévenus. Si vous voulez boire un petit coup après une tenue, évitez l'Indiana !