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  • Non, la mixité n'est pas l'oubliée de la franc-maçonnerie !

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    François Koch a remis le couvert une nouvelle fois au sujet de la mixité. Avec l'élégance qui le caractérise, le journaliste de L'Express écrit :

    "Il faudra sans doute des décennies pour que la mixité se développe réellement en maçonnerie. Le temps que les frangins vieillissants soient remplacés par des générations plus jeunes et réellement progressistes ou en phase avec la société… qui évolue plus vite que la maçonnerie (26,9% de femmes parmi les députés, et 25% chez les sénateurs)."

    Donc, selon le "spécialiste" ès maçonnerie de L'Express, il faut attendre que les vieux maçons crèvent et soient remplacés par de plus jeunes pour que la mixité finisse par s'imposer.

    Une fois de plus, Koch tire péremptoirement des conclusions sur une institution qu'il ne connaît qu'à travers les communiqués et les petites phrases de dignitaires interchangeables dont il fait son miel pour alimenter un blog qui est à la maçonnerie ce que la chronique des chiens écrasés est au journalisme d'investigation.

    Koch glose sur une mixité présentée comme "l'oubliée de la maçonnerie" avec pour objectif de caricaturer les francs-maçons et de les présenter comme des machistes rétrogrades ou encore comme des individus totalement déconnectés de la société française. 

    Je ne vais pas tirer davantage sur l'ambulance. Ça ne serait pas charitable. Je voudrais simplement lui rappeler qu'il existe, en France et en 2015, 23 obédiences ou fédérations de loges, du moins si je m'en réfère au site obédiences maçonniques.fr. Sur ces 23 obédiences ou fédérations de loges, plus de la moitié sont mixtes et/ou féminines !

    Comment dès lors Monsieur Koch peut-il écrire que la mixité est l'oubliée de la franc-maçonnerie ? Comment peut-il affirmer, devant une telle diversité d'obédiences maçonniques, que la mixité est méprisée en franc-maçonnerie ?

    C'est bien la preuve que le journaliste de L'Express ne sait pas de quoi il parle.

  • Philippe Guglielmi s'énerve pour rien

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    Je ne vais pas revenir sur le fond de cette dispute de cour d'école qui est exposé chez François Koch ou chez Jean-Laurent Turbet, lequel confirme, une fois de plus, ses talents de cire-pompes.

    Les propos du député socialiste du Val d'Oise, Philippe Doucet, n'ont rien de choquant. Certes, le parlementaire a grossi le trait. Sa typologie concernant les défenseurs de la laïcité est un peu caricaturale. Sa référence aux maçons est sans doute maladroite. Mais c'est pour marquer les esprits à propos d'une situation sur laquelle j'ai d'ailleurs beaucoup écrit dans le cadre de ce blog. Il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Doucet sait certainement que les francs-maçons sont hommes de bon sens et qu'une majorité d'entre eux est attachée à l'esprit de la séparation des églises et de l'Etat tel qu'il a été porté et défendu par Aristide Briand en 1905.

    Le député du Val d'Oise est en effet beaucoup trop fin pour ignorer que tous les francs-maçons ne sont pas des "laïcards" fossilisés. Le problème est que ce sont ces derniers que l'on entend systématiquement dans les Obédiences et dans les médias. Ce sont souvent ces derniers qui s'expriment inconsidérément au nom de la franc-maçonnerie. Au sein du GODF, ils ont d'ailleurs préempté la laïcité qu'ils considèrent comme leur domaine réservé (1). Ils passent leur temps à théoriser une vision de la laïcité qui n'existe pas dans les textes de loi si bien que Jean-Louis Bianco, président de l'observatoire de la laïcité (institution directement rattachée au premier ministre), a été récemment obligé de tempérer leurs ardeurs et de les recadrer.

    Si Philippe Guglielmi avait fait preuve d'un peu de subtilité et de jugeotte (2), il se serait abstenu de charger Philippe Doucet comme il l'a fait. Sans sa lettre grotesque, les propos du député du Val d'Oise seraient passés inaperçus. Face à la caricature, l'ancien Grand Maître du GODF, désormais homme politique, a choisi de répondre par la caricature.

    Quel dommage pour le débat public !

    ____________

    (1) C'est très net dans le courrier de Guglielmi qui fait preuve à cet égard d'une condescendance insupportable. Il écrit à Philippe Doucet ceci : "[...] votre classification des intervenants dans le domaine de la laïcité fait montre d’un amateurisme évident (sic) [...]" Qu'il me soit permis de rappeler ici que Philippe Doucet est membre de la Commission des lois de l'Assemblée nationale et qu'au sein du groupe socialiste, il est notamment chargé des questions de laïcité. Pour un amateur, avouez que c'est tout de même pas mal. 

    (2) Il faut toutefois rappeler que nous sommes en pleine préparation du Congrès du PS, période propice aux manoeuvres policitiennes en tous genres.

  • Franc-Maçonnerie et football (suite)

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    49064495.jpgLe 7 mars dernier, j'ai consacré une petite note sur la franc-maçonnerie et le football afin d'expliquer la façon dont raisonnent les francs-maçons prétendument réguliers.

    J'ai ensuite montré que le respect des règles n'empêchait nullement à ces mêmes règles d'évoluer.

    Dans cette perspective, les francs-maçons libéraux ont donc suivi un chemin tout à fait respectable qui, en tout cas, n'aurait jamais dû provoquer l'ostracisme qui les frappe depuis 1871 (*).

    Dans ma note du 7 mars, j'ai omis d'indiquer que la Fédération anglaise de football avait été créée le 26 octobre 1863.

    Il s'agissait à l'époque de préciser les règles de football afin de les différencier de celles du rugby. 

    Cette réunion de création a eu lieu dans un pub en plein coeur de Londres. Son nom ? Freemasons' Tavern (la taverne des francs-maçons, à Covent Garden ; aujourd'hui c'est le restaurant The Freemasons Arms). 

    Ce lieu est situé à une centaine de mètres à peine du Freemason's Hall, siège de la Grande Loge Unie d'Angleterre.

    C'est donc dans une taverne londonienne que le football moderne est né et a été codifié tout comme la Grande Loge d'Angleterre a été fondée, le 24 juin 1717, dans une autre taverne londonienne : l'Oie et le Gril.

    Etonnant n'est-ce pas ?

    Pourtant, l'Angleterre n'a jamais prétendu être la gardienne exclusive du respect sourcilleux des règles du football. Ce sport populaire est en effet pratiqué sur tous les continents et ses règles ont beaucoup évolué depuis 1863. Ce sport appartient à tous les pays qui le font vivre.

    Pourquoi n'en serait-il pas de même pour la franc-maçonnerie ?

    _____________

    (*) L'histoire de la maçonnerie libérale n'est pas circonscrite à la France. Rappelons que la suppression de la croyance obligatoire au Grand Architecte de l'Univers et en l'immortalité de l'âme a été décidée, pour la première fois, par le Grand Orient de Belgique en 1871. Le Grand Orient de France s'alignera sur cette position en 1877.

  • Le succès médiatique du G∴O∴D∴F∴ selon François Koch

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    Le 17 avril dernier, le journaliste François Koch publie une note sur son blog intitulée : C'est dans l'air : la Franc-Maçonnerie revient en politique ?

    Un passage m'a interpellé. Je le cite :

    Version actuelle :

    "Y a-t-il donc un retour de la Franc-maçonnerie en Politique? Pas vraiment, à mon avis. En revanche, un succès médiatique du GODF, sans conteste. Depuis 4 mois, la séquence apporte de la visibilité pour la première obédience française, même si c’est parfois pour des raisons dramatiques. Le 9 décembre, c’était le show télé de Daniel Keller, au Petit Journal. Exercice réussi. Puis le drame qui a frappé la France le 7 janvier. Parmi les victimes au siège de Charlie, deux frères du GODF : Bernard Maris et Michel Renaud. Le 11 janvier, des obédiences, dont le GODF, défilent dans la rue, avec leurs cordons. Et le 13 janvier,une conférence publique est organisée Rue Cadet sur le thème : Etre franc-maçon après le 7 janvier."

    Il n'y a rien qui vous saute aux yeux ?

    Lisez bien.

    Il n'y a vraiment rien qui vous heurte ou vous choque ? 

    Moi oui car si on suit le raisonnement de François Koch, le GODF semble avoir profité médiatiquement des attentats de janvier alors qu'il les a subis de plein fouet comme tout le monde en France et que deux de ses membres ont trouvé la mort.

    Comment peut-on y voir les éléments d'un "succès médiatique sans conteste" ?

    Je pense que le journaliste de L'Express, en professionnel avisé, s'est rendu compte après coup de sa maladresse. Il me semble d'ailleurs qu'il a modifié la version initiale de sa note à deux endroits. Il ne parle plus de "séquence vraiment bonne" mais d'une "séquence qui apporte de la visibilité". Il a ajouté "même si c'est parfois pour des raisons dramatiques." 

    Il se fait que j'avais copié-collé la version initiale de ce passage (celle du 17 avril) pour l'envoyer par mail à un F. Voilà comment elle était rédigée à l'époque (je mets en gras et en rouge la phrase qui a été depuis modifié par le journaliste) :

    Version initiale :

    "Y a-t-il donc un retour de la Franc-maçonnerie en Politique? Pas vraiment, à mon avis. En revanche, un succès médiatique du GODF, sans conteste.
    Depuis 4 mois, la séquence apparaît vraiment bonne pour la première obédience française. Le 9 décembre, c’était le show télé de Daniel Keller, au Petit Journal. Exercice réussi. Puis le drame qui a frappé la France le 7 janvier. Parmi les victimes au siège de Charlie, deux frères du GODF : Bernard Maris et Michel Renaud. Le 11 janvier, des obédiences, dont le GODF, défilent dans la rue, avec leurs cordons. Et le 13 janvier, une conférence publique est organisée Rue Cadet sur le thème :Etre franc-maçon après le 7 janvier."

    Le problème est que sa note, même retravaillée d'une façon plus heureuse, n'atténue pas le raisonnement. 

    On peut dire beaucoup de choses sur le GODF, bonnes ou mauvaises. On peut par exemple ne pas être d'accord sur sa "politique" d'extériorisation. Mais je trouve qu'il est profondément révoltant et injuste de mettre sur le même plan "le show" de Keller au Petit Journal de Yann Barthès et le drame du 7 janvier comme si ces deux faits, sans commune mesure et qui n'ont évidemment pas la même nature, formaient les éléments d'une seule et même séquence de 4 mois et participaient cyniquement au succès médiatique du GODF.  

    Conclusion ? François Koch s'est méchamment planté sur ce coup là.