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Jean-Louis Bianco répond à Daniel Keller

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Trois jours. Il n'aura fallu que trois petits jours à Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la Laïcité (OL), pour répondre à Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France (GODF), au sujet des 25 propositions sur la laïcité. La célérité avec laquelle le président Bianco a réagi à l'initiative surprise du GODF (je dis "surprise" car le Convent du GODF n'y a jamais été associé comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire dans ma note précédente) confirme bien que l'OL n'entend pas se laisser déborder par ceux qui considèrent la laïcité comme leur pré carré.

Avec l'esprit de synthèse qu'on lui connaît, Jean-Louis Bianco a méthodiquement commenté l'inventaire brouillon de mesures préconisées par un groupe inconnu de frères qui s'est arrogé le droit de parler au nom de la plus ancienne obédience maçonnique française. J'invite le lecteur à prendre connaissance de ce courrier qui figure en pièce jointe de cette note. Je retiendrai pour ma part cet extrait :

"La Commission nationale consultative des droits de l'Homme a par ailleurs rappelé dans son avis du 26 septembre 2013 que "la loi ne saurait se substituer à la jurisprudence dès lors qu'il lui est impossible de résoudre chaque difficulté particulière posée par l'application du principe de laïcité"."

Ce rappel est capital. La laïcité ne saurait être l'uniformisation des consciences dans une sorte de neutralité chimérique qu'une loi pourrait imposer au citoyen de manière tout aussi illusoire. La laïcité est toujours le résultat d'un compromis entre, d'une part, les exigences de la vie sociale, qui impliquent le respect effectif de l'intérêt général et l'absence d'inféodation du pouvoir politique à un quelconque ordre religieux, et d'autre part, le libre épanouissement des individus, qui implique le droit de chacun à pouvoir mener son existence selon ses goûts et sa philosophie sans crainte d'être inquiété. 

Il faut donc cesser d'entretenir ce rapport magique à la loi parce qu'il est spécieux de penser que l'on peut régler tous les problèmes, même les plus spécifiques, en édictant de nouvelles normes. Comment ne pas faire référence à la loi absurde sur l'interdiction du port du voile intégral qui non seulement ne concerne qu'une infime minorité de personnes mais a été aussi votée, en réalité, pour des raisons politiciennes et électoralistes ?

Notre arsenal législatif est suffisamment étoffé pour permettre à la médiation - ou à la justice si aucune conciliation n'est possible - de résoudre les différends. Et s'il peut arriver que notre droit ait des lacunes dans le domaine de la laïcité comme dans d'autres, il faut toujours se souvenir que légiférer n'est jamais un acte anodin ainsi que le président Bianco l'a souligné :

"(...) l'Observatoire de la laïcité a recommandé de ne pas user de la loi pour répondre à un seul cas particulier et rappelle qu'une option législative, plus large, supposerait, au préalable, une concertation entre groupes politiques parlementaires afin de permettre un débat serein évitant toute instrumentalisation partisane."

Je ne saurais mieux dire.

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Document :

lettre-obs-de-la-laicite.pdf

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