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Il faut que tout change pour que rien ne change

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Le blog Hiram.be, toujours aussi bien informé, relate une sombre affaire de gros sous du côté de Marseille. Cela concerne, une fois encore, la Grande Loge Nationale Française (GLNF), laquelle, depuis années, se distingue malheureusement par des affaires aussi complexes que méandreuses.

Il ne s'agit pas pour moi, vous l'aurez compris, d'accabler la GLNF. Elle se débrouille très bien toute seule. En tout cas, cette ténèbreuse affaire d'escroquerie et de prébendes diverses montre plus qu'un long discours qu'il ne suffit pas de changer de Grand Maître et de replâtrer la façade pour assainir une maison infestée de parasites.

Les escrocs, les profiteurs et les affairistes en tout genre savent toujours s'adapter aux changements et se couler dans les nouveaux moules. Ils font aujourd'hui la révérence à Servel comme ils la firent hier à Stifani et avant hier à Foellner et Charbonniaud. Il n'y a que les sots, les (faux) naïfs, les aveugles ou les anglo-saxons qui croient que les choses ont changé rue Christine de Pisan....

Ce fait divers, qui cause assurément du tort à la GLNF, me fait irrésistiblement songer à la formule de l'ambitieux Tancrède dans Le Guépard, le fameux roman de Tomasi di Lampedusa, brillamment adapté au cinéma en 1963 par le talentueux Visconti.

"Si nous voulons que tout reste tel quel, il faut que tout change" (Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi !)

C'est peu ou prou ce que l'éditeur Jean Solis disait en février 2010 dans un message vidéo :

"Ceux là qui attendent une stratégie légaliste en quelque sorte, dans le système, ne peuvent utiliser que les ressorts même du système, au moment voulu, pour virer un homme [François Stifani] qui n'est que le produit de ce système, et mettre quelqu'un d'autre à la place de cet homme qui va poursuivre l'oeuvre du système."

Rien ne semble avoir vraiment changé à la GLNF, bien que le changement apparent ait été entériné en fanfare. Faut-il s'en étonner ? Non bien sûr. Il est inutile, en effet, de se livrer à une partie de chaises musicales si le gouvernement obédientiel demeure structurellement dans toutes ses insuffisances démocratiques, sans réels contre-pouvoirs internes ou sans instances de contrôle. Si le système est vérolé de l'intérieur, à tous les étages, si même il se renforce à cause d'un recrutement laissant à désirer, à quoi bon le réformer de l'intérieur ? Tôt ou tard, il finira par renouer avec sa véritable nature. Les comportements qu'on ne voulait plus voir, réapparaitront en d'imprévisibles résurgences. Et c'est sans doute ce qui est en train de se passer actuellement...

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